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MA LOV

1998 · Valérie Urréa

Ma Lov' Chorégraphie : Bernardo Montet Interprétation : Tal Beit Halachmi, Bernardo Montet, Dimitri Tsiapkinis, Marc Veh Scénographie : Rémi Nicolas Musique originale : Eran Zur Conception vidéo : Réalisation vidéo : Valérie Urréa Lumières : Rémi Nicolas Costumes : Rose-Marie Melka Décors : Peintre : Tamar Getter Production / Coproduction de l'œuvre chorégraphique : Production : Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne - Rennes Coproduction : Le Quartz - Scène nationale de Brest, Centre National Dramatique et Chorégraphique de Brest, Théâtre National de Bretagne à Rennes, Festival d'Automne à Paris, Théâtre de la Bastille à Paris, le programme culturel " Israël au miroir des artistes ", coordonné par l'AFAA Avec le soutien du Ministère des Affaires Etrangères et du Département des Affaires Internationales du Ministère de la Culture et de la Communication, le Centre Culturel Jean Renoir Dieppe / Scène Nationale Avec l'aide du Carré Saint-Vincent - Scène Nationale d'Orléans, La Passerelle, Scène Nationale de Saint-Brieuc Remerciements Yohji Yamamoto, La Fonderie / Le Mans, Les Laboratoires d'Aubervilliers, Centre National de Danse Contemporaine La posture du chorégraphe Bernardo Montet qui insiste sur la verticalité et l'inconnu favorise les rencontres. Avec «Ma lov'», il entreprend une collaboration avec deux artistes israéliens: une plasticienne et un compositeur. En insistant sur la qualité du vivant, en lui redonnant l'importance d'une pièce «live », Bemardo Montet tente de raviver l'attention par une approche de la perception, et un travail en commun, sur la conscience et de l'engagement. «Dans l'espace, le temps du geste, se trouvent tous les mondes. Une partie du travail consiste à chercher comment cet espace devient sens par une posture mentale. Entre l'objet et soi, il y a une histoire.» Si le chorégraphe maintient un état de crise dans la danse, cela passe tout d'abord par une réflexion sur la violence, de l'ordre le plus intime à la violence sociale et politique jusqu'à sa répercution sur les corps. Mais comme l'exprime Dimitri Tsiapkinis, l'un des interprètes de la compagnie «Le travail avec Bernardo Montet va plus loin qu'une curiosité ou un plaisir esthétique du mouvement, il porte sur une conscience de la matière, c'est quelque chose de très incarné. Si l'on prend, par exemple, la violence. Celle qui se montre à la télévision ou même dans la danse est excitante, car elle est aussi un état de liberté et si l'on est compatissant pour les victimes, on est aussi plus attaché aux personnes qui ont la puissance de l'exprimer. Chez Bernardo, l'approche de la violence, présente partout et en chacun de nous, de celle que contient la volonté, à celle de la nature, en passant par les images ou la guerre devient abstraite. Rendue à la conscience dans le travail, on peut la transformer, passer à un autre état.» Sur une ligne de rupture, entre l'ancien et le moderne, avec le désir de pénétrer en «territoire interdit», Bemardo Montet déplace sa danse, faite de vitalité et de rebond. Dépourvue de fascination, son étrangeté bascule dans l'ambivalence. Absente aux excès, elle poursuit un cheminement vers l'abstraction à l'écart des contradictions, des ruptures et de la discontinuité des lignes. Ce qui réapparaît de la violence agit dans les corps comme une empreinte de la mémoire. Histoires intimes ou collectives dont ne subsiste que le tracé et des éclats surgissant par poussées selon les climats et la relation des danses à la musique. Irène FILIBERTI Publié le 01-09-1998 au magazine Mouvement.net

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